• Team B[r]EF

[ SACHA ]


VERSION FRANCAISE ( ENGLISH BELOW )



Voyage Interrail de Berlin à Thessalonique


Hiver 2018. Mon ami Alexandre, qui squatte mon canapé minimum deux fois par semaine à cette époque, me dit en substance : « Hé, ce serait vachement bien de partir quelques part ensemble. »


Quelques mois plus tard, l’idée a bien germée dans non têtes. Après l’achat du matériel, une dizaine de brainstorm aromatisés à la bière et une coupe du monde pour la France, nous savons vaguement quel sera notre trajet. L’idée : en un mois, visiter plusieurs pays d’Europe de l’Est, de Berlin à Thessalonique en passant par Budapest. Le mode de transport : le train, grâce au billet Interrail.


Notre billet en poche et un ami, Louis, ajouté en plus (il ne savait pas quoi faire de ses vacances), nous partons donc début août.



6 août 2018, matin, gare de Bordeaux : « Ha, je suis désolée, messieurs, il faut réserver des billets pour ce train. Vous ne pouvez pas juste entrer comme ça avec votre pass ». Très bien Madame, je regrette mon réveil à 6h. Cette mise en bouche sera un thème récurrent. Il faut se renseigner à l’avance si vous souhaitez monter dans un train. Dans certains cas, il faut réserver malgré le pass, afin de profiter de divers avantages, ce qui peut engendrer des frais supplémentaires (facilement évitables avec un peu d’organisation, ce dont nous manquions cruellement).


Deux jours plus tard, nous arrivons à Berlin, première grosse ville du voyage. La diversité des cultures et les kebabs me marquent énormément, faire les idiots porte de Brandebourg aussi. A peine arrivés, déjà repartis, nous filons vers la République Tchèque.


Un constat se fait sentir : si on avance aussi vite, dans une semaine nous sommes de retour en France. Or, ce n’est pas le but. Désormais nous profiterons plus.


Prague, ses métros qui descendent au 7ème sous-sol, son splendide château sur les hauteurs et sa beauté me fascinent, alors que j’y étais déjà allé par le passé. Après 4 jours à errer dans la ville et sa banlieue nous nous dirigeons vers Bratislava.


Cent mètres hors de la gare de Bratislava et nos corps assoiffés s’arrêtent au premier bar venu. L’ambiance à l’intérieur est particulière. La « loi Evin » existe en Slovaquie, pas dans ce bar. Les pintes sont à 1 euro, merci les Slovaques. Nous devions repartir le soir même mais après avoir rencontrés 3 serbo-slovaques nous décidons d’aller faire la fête chez eux.


Le lendemain, nous prenons notre train pour Budapest. Emerveillés par le paysage et les abords du Danube, nous nous arrêtons inopinément à la première gare venue, Nagymaros. Nous profitons deux jours du Danube et de la beauté du lieu. Interrail c’est aussi le bonheur de la liberté, pouvoir s’arrêter où et quand on le veut.


Après un bref passage à Budapest, nous prenons le train de nuit pour Bucarest (pour une fois qu’on organise un truc correctement). Dormir dans un train c’est rigolo, les douaniers le sont moins.



La Roumanie c’est sympa, c’est pas cher, on peut voir le château de Dracula et la mer Noire (mes faibles connaissances en géographie me poussaient à penser qu’on allait énormément flotter dans cette mer (Non Sacha, ça c’est la mer morte, tu n’es pas en Israël.)). Une fois le point le plus à l’est de notre voyage franchi, nous nous dirigeons enfin vers l’endroit qui me faisait le plus saliver, la Grèce.


Le trajet Constanta (proche de la mer Noire) – Thessalonique ne s’est pas fait en un jour. Le train à travers la Bulgarie puis le bus Sofia – Thessalonique fait souffrir mes grandes jambes. Mais ça vaut le coup. La Grèce est magnifique, l’eau est bleue et chaude, les gens d’une gentillesse absolue et les nuits sur la plage sont douces.


Cinq jours à se dorer la pilule au soleil et on se dit qu’il va falloir rentrer… Un bus nous amène à l’ouest du pays pour prendre le ferry au port. Là-bas, des centaines de migrants souhaitent eux aussi faire la traversée pour l’Italie. On se dit qu’on a de la chance de faire ça pour notre loisir…


La traversée de la mer Adriatique dure environ 16 heures. Nous voilà en Italie, nous engloutissons une pizza et quelques heures plus tard nous rejoignons Milan. « Non messieurs vous n’avez pas réservés pour ce train de nuit Milan-Paris. » On connaît la chanson, les contrôleurs nous déposent gentiment à la première gare venue, on aura tenté.


Frontière italo-suisse, 2 heures du matin. On attend, le prochain train est dans 3 heures, les deux dernières nuits ont été courtes, on a hâte de rentrer quand même.


17h heures le lendemain, me voilà enfin à la maison, une douche salvatrice et un bon repas puis je vais au lit. C’est avec un énorme sourire que je m’endors.


En moins d’un mois, j’ai visité neuf pays, rencontré des gens incroyables, et vu des paysages l’étant tout autant, dormi dans la forêt, mangé toutes sortes de choses délicieuses et je me suis baigné dans plusieurs mers et fleuves différents. Je ne peux compter les fous rires et tous ces souvenirs maintenant si chers à mon cœur.


Cela fait presque 4 ans que je suis parti et j’en reparle à qui veut bien l’entendre. Je ne manque pas de sourire à chaque fois que j’y repense.


A refaire.


ENGLISH VERSION by Lucy COOPER


Interrail trip from Berlin to Thessaloniki


Winter 2018. My friend Alexandre, who couchsurfed on my sofa at least twice a week at the time, told me ‘Hey, it would be great to travel somewhere together!’.


Some months later, the idea had anchored itself well in our heads. After purchasing the equipment, a dozen of beer-fuelled brainstorms and a World Cup victory for France, we vaguely knew what our trip would look like. The idea: in a single month, visit multiple eastern European countries, from Berlin to Thessaloniki passing by Budapest. The mode of transport: the train, thanks to an interrail ticket.


With the ticket in our pocket, and a friend, Louis, added on for good measure (he didn’t know what to do with his holidays), we left at the beginning of August.


6th August 2018, the morning, at Bordeaux train station: ‘Ha, I’m sorry gentlemen, but you must reserve tickets for this train. You can’t just enter like that with only your pass’. Very well Madam, I regret my 6am start. This lovely appetizer will become a recurring theme. You must find out in advance if you want to reserve a train. In certain cases, you have to book despite having the pass, in order to take advantage of various bonuses, which can generate additional costs (easy to avoid with a little organisation, which we sorely lacked).


Two days later, we arrived in Berlin, first big city of the trip. I miss enormously the diversity of cultures and the kebabs, as well as fooling around at the Brandenburg Gate. Barely arrived, already left, we headed for the Czech Republic.


We made an observation: if we carry on this fast, we will be back in France within a single week. But that’s not the point. From then on, we took things at a slower pace.


Prague, its metros which go all the way down to the seventh underground floor, its splendid, towering castle and its beauty fascinated me, even though I had visited before. After four days of wandering around the city and its suburbs we headed towards Bratislava.


One hundred meters outside Bratislava station and our thirsty bodies stopped at the first bar we came across. The atmosphere inside was particular. Laws surrounding the restriction of alcohol do exist in Slovakia, however not in this bar. Pints were 1€, I send my appreciation to the Slovaks. We should have left again in the evening however after meeting three Serbo-Slovaks we decided to party at theirs.


The next day, we took our train to Budapest. Amazed by the landscape and the Danube’s surroundings, we made an impromptu stop at the first station that we came across, Nagymaros. We made the most of two days next to the Danube and marvelled at the beauty of the place. Interrail is also the happiness brought by freedom, being able to stop wherever and whenever you want to.


After a brief stint in Budapest, we took a night train towards Bucharest (for once we had organised something correctly). Sleeping in a train was funny, but customs officials are less so.


Romania is nice, inexpensive and you can see Dracula’s Castle and the Black Sea (my poor geography knowledge made me think that we were going to float a lot in this sea – No, Sacha, that’s the Dead Sea, you’re not in Israel!). Once we had cleared the easternmost point of our trip, we finally made our way to the place that made me salivate the most, Greece.


The journey from Constanta (near to the Black Sea) to Thessaloniki did not happen in a day. The train across Bulgaria and then the bus from Sofia to Thessaloniki made my long legs hurt. But it was worth it. Greece is magnificent, the water there is blue and warm, and the people there are absolutely kind and the nights on the beach are sweet.


Five days of basking in the sun later we decided that it was time to go… a bus led us to the west of the country to take the ferry to the port. There, hundreds of migrants also wish to make the journey to Italy. We said to each other that we were lucky to do this for leisure.


The journey across the Adriatic Sea takes around sixteen hours. And there we were in Italy, devouring a pizza and a few hours later we reached Milan. ‘No, gentlemen, you don’t have any reservations for this night train to Paris’. We were familiar with this tune as the guards gently dropped us off at the first station we came across, at least we tried.


At the Italian-Swiss border, at two o’ Clock in the morning. We waited, the next train was in three hours’ time, the two previous nights had been short, and we couldn’t wait to get home.


At five o’clock the next day, I finally arrived home, after a revitalising shower and a good meal I went to bed. I fell asleep with an enormous smile.


In less than a month. I visited nine countries, met incredible people and saw landscapes which were just as incredible, slept in a forest, ate all sorts of delicious things and I swam in many different seas and rivers. I am unable to count the number of laughs and memories that are now so dear to my heart.


It’s been almost four years since I went on the trip and I’ll talk to whoever will listen about it. I never fail to smile every time I think about it.


Until next time.