• Team B[r]EF

[ MAËL ]


VERSION FRANCAISE ( ENGLISH BELOW )



Je m'appelle Maël et je vis en Bretagne, et plus particulièrement à Brest. Je participe à l'initiative « Damn! Europe is Glam » parce que je trouve intéressant de pouvoir partager aux autres jeunes toutes les possibilités qui s'offrent à nous en tant qu'Européens. Pour ma part, j'ai eu la chance de faire deux échanges Erasmus+, le premier un peu par hasard en France et le second à l'autre extrémité de l'Europe. Il ne s'agissait pas d'échanges Erasmus universitaires, ceux dont on a l'habitude d'entendre parler. En fait, l'agence propose différents types de possibilités : Erasmus Entrepreneuriat, Erasmus Trainee course, Erasmus Youth exchange et, maintenant, Erasmus Virtual exchange. Bref, plein d'opportunités à saisir (https://info.erasmusplus.fr/).


Dans mon cas, c'était deux Youth exchanges. Pour faire simple, ce sont des échanges de courte durée (de 4 à 20 jours environ) avec d'autres jeunes de 18 à 30 ans et autant de nationalités que possible. Les projets – au format totalement libre – sont portés et construits par des associations, des collectifs de jeunes ou autres. L'idée, c'est de partir presque gratuitement (voyage et logement compris) et rencontrer, discuter, découvrir, et bien plus.

Revenons-en aux faits et, afin de mieux comprendre, je vais vous raconter celui que j'ai fait en France. Là, vous vous dites sans doute : quel est l'intérêt, pour un Français, de faire un échange Erasmus en France ?


Nous sommes en juin 2018, je suis à Strasbourg, au Parlement européen, pour participer au European Youth Event, un rassemblement d'environ 10 000 jeunes européens – mais pas que –, pour se rencontrer et discuter des enjeux qui nous préoccupent. Pendant le week-end, je découvre l'engouement européen, l'effervescence de la jeunesse qui s'engage sincèrement et, surtout le cœur de la démocratie, le Parlement. Retour à la réalité, à Brest. Peu après, la proposition de partir en échange Erasmus en Ille-et-Vilaine, un département breton que je ne connais pas, s'offre à moi : c'est à vélo, en plein été, je prends ma décision sans trop réfléchir. Et donc, début juillet, je me rends à Rennes au grand départ du European Biking Tour. Je ne sais pas à quoi m'attendre, à part quelques indications : camping, vélo, migration, environnement et citoyenneté.


Tout se met en place : rencontre des autres participants, détails du parcours, grands enjeux, etc. On est une vingtaine et on est Français, Italiens, Belges et aussi Danois, et on part découvrir, sans se connaître, l’Ille-et-Vilaine. On passe nos journées à vélo, à discuter, à se découvrir. Lors des repas, on partage nos cultures culinaires. Et puis on campe, on rencontre des acteurs locaux, on parle des enjeux européens et puis, parfois, une roue crève ou une chaîne déraille, on répare ensemble. Le soir on est épuisé mais on s'amuse, on fête le 14 juillet à Saint-Malo, et la victoire de la Coupe du monde de football. On visite le château de Fougères, un cimetière américain et, aussi, on rencontre le maire de Saint-Malo et celui de Saint-Lunaire. Le matin on défait le campement et on repart, l'esprit d’entraide persiste, on se soutient, parfois le ton monte, mais on se retrouve.

Un Youth exchange, c'est donc vivre 24/24 avec entre 20 et 40 personnes inconnues qui ont parfois des cultures totalement différentes. Vous l'aurez compris, c'est fort émotionnellement.


Mais ce n'est pas que ça. Pendant cette parenthèse de vie, on approfondit ou on découvre des sujets européens : la citoyenneté européenne, l'environnement, la mobilité douce ou encore la migration. On fait tout ça en visitant une exploitation agricole, en faisant une simulation parlementaire ou alors un débat. Il y a aussi des projets qui naissent dans nos têtes et, dans mon cas, ma vision du monde change.


Et, à un moment donné, c'est la fin qui arrive, on comptabilise le nombre de kilomètres que l'on a parcouru : plus de 300. En 15 jours c'est peu, certes, mais chaque kilomètre que l'on a parcouru et ressenti nous donne l'impression d'avoir vécu une autre vie avec d'autres gens qu'on ne reverra peut-être jamais.


Enfin, pour répondre à la question de départ : quel est l'intérêt pour un Français de faire un échange Erasmus en France ?

Je dirais qu'il y en a plusieurs. Comme je l'évoquais, ça vient d'abord d'un hasard et, comme le dirait une autre participante ([ MAYA ]) de ce même échange « Un de ces hasards, qui paraît tellement naturel, que tu te demandes s’il s’agissait bien d’un hasard... » Maintenant, c'est-à-dire bientôt deux ans après la fin de cette parenthèse, je prends conscience de tout ce que m'a apporté cet échange. Maya a raison : cette simplicité avec laquelle les événements se sont enchaînés, me confirme que cet échange était nécessaire pour parfaire mon appétence pour les sujets européens, et surtout m'identifier en tant qu’Européen convaincu. Avec cet échange, j'ai pu découvrir une grande partie d'un département, pourtant voisin du mien, que je ne connaissais absolument pas. Et en plus, à vélo. Cela m'a aussi permis de mieux cerner et appréhender les enjeux de mon territoire, et également de mieux comprendre comment s'imbriquent les politiques locales les unes dans les autres. Évidemment, j'y ai fait des rencontres inoubliables que j'ai même eu la chance de pouvoir retrouver ces personnes après !


Cette expérience assez exceptionnelle m'a finalement donné diverses possibilités : quelques temps après, je me suis engagé dans plus d'associations, j'ai fait un Service civique, je me suis même réorienté, je suis devenu président de Breizh Europe Finistère, également je poursuis ma formation européenne à l'Académie Notre Europe – Institut Delors et, surtout, je suis reparti en échange, mais cette fois à 2 500 kilomètres, en Bulgarie...

Je n'ai plus qu'une seule chose à dire aux jeunes qui me lisent et qui n'osent pas faire le pas et partir en Erasmus : foncez, vous n'avez rien à perdre si ce n'est, au minimum, 2 semaines de votre existence.



ENGLISH VERSION by Lucy COOPER



My name is Maël and I live in Brittany (Bretagne) or more specifically Brest. I’m taking part in the ‘Damn! Europe is Glam’ initiative because I find it interesting to be able to share with other young people all the opportunities that are offered to us as Europeans. Personally, I had the chance to do two Erasmus+ exchanges. The first was a little bit by accident in France and the second was all the way on the other side of Europe. They weren’t university Erasmus exchanges which we tend to hear about most often. In fact, the agency offers lots of different possibilities: Erasmus for Young Entrepreneurs, Erasmus Youth Exchange, and now, Erasmus Virtual Exchange. Long story short, there are so many opportunities to seize (https://www.erasmusplus.org.uk/).


In my case, it was two Youth Exchanges. In simple terms, they are exchanges of a short duration (from around 4 to 20 days) with other young people aged 18-30 and as many other nationalities as possible. The projects – in a totally free format – are carried and built by either associations, collectives of young people or others. The idea is to leave your country, almost for free (travel and accommodation costs included) in order to meet, discuss, discover and lots more.


Let’s go back to the facts and in order to better understand, I’m going to tell you what I did in France. ‘Well’, you’ll say without a doubt, ‘What is the point of a French person doing an Erasmus exchange in France?’.


It was June 2018, I was in Strasbourg, at the European Parliament, to participate in the European Youth Event, an assembly of around 10,000 young people – but not only that – we were there to discuss the issues that trouble us. Over the weekend, I discovered a keen interest in Europe, the turmoil of young people that were sincerely invested in it, and above all, the heart of democracy - Parliament. What followed was a return to reality, to Brest. A little while after, I was offered the opportunity to do an Erasmus exchange in Ille-et-Vilaine, a part of Brittany that I didn’t know: it was by bike, in the middle of summer, and I made my decision without reflecting upon it too much. And so, at the beginning of July, I arrived in Rennes for the departure of the European Biking Tour. I didn’t know what to expect apart from a few small pieces of information: camping, bikes, migration, environment and citizenship.

Everything fell into place: meeting other participants, details about the journey, big issues, etc. There were around twenty of us and we were French, Italian, Belgian and also Danish. We left to discover, without having met before, Ille-et-Villaine. We spent our days on bikes, discussing and understanding each other. Through meals, we shared our culinary cultures. And then we camped, we met locals, we spoke about European issues and sometimes, when a tyre got a puncture or when a chain derailed, we repaired together. In the evening we were exhausted but we still had fun, we celebrated the 14th July (Bastille Day) at Saint-Malo and the World Cup victory too. We visited the Château de Fougères, an American cemetery and also met the Mayor of Saint-Malo and that of Saint-Lunaire. In the morning we took down our tents and set off again. The spirit of mutual aid carried on, and we continued to support each other, despite occasional challenges.


A Youth Exchange therefore means spending 24 hours a day living with between 20-40 previously unknown people who are sometimes from completely different cultures. As you have guessed, it can be incredibly emotionally taxing.


But it’s not only that. During this time, we talked deeply and discovered more about different European topics such as European citizenship, the environment, soft mobility or even migration. We did all that whilst visiting a farm, by simulating parliament or even a debate. There were also projects which we created in our heads, and in my case, my view of the world changed.


And, at a given moment, we reached the finish line and counted the number of kilometres that we had covered on our journey: more than 300. In two weeks it certainly isn’t many, but each kilometre that we covered made us feel like we had lived another life with other people that we perhaps would never have met otherwise.

Finally, to answer the question at the start: what’s the point of a French person doing an Erasmus exchange in France?

I would say that there are a lot of reasons. As I said before, it started off as an accident and Maya (another participant [ MAYA ]) said that this very exchange is ‘one of those accidents which seem so natural that you ask yourself if it really is an accident’. Now that it’s soon to be two years after the end of this journey, I’ve been able to fully evaluate everything that this exchange brought me. Maya’s right: the simplicity with which the events are linked together confirms to me that this exchange was needed to solidify my appetite for European subjects, and above all to identify myself as a convinced European. Through this exchange, I was able to discover a large part of an area, which, although being next-door to mine, I absolutely did not know. And what’s more, by bike. It also allowed me to better identify and understand the challenges to my own territory, and also to better understand how local policies fit together. Clearly, I had unforgettable encounters there and I even had the chance to meet these people afterwards!


This exceptional experience finally gave me so many diverse opportunities: some time after, I started to get involved in more associations, I took part in Service Civique (French National Voluntary Service), I even changed direction, and became the president of Breizh Europe Finistère, whilst undertaking European training at l’Academie Notre Europe – Institut Delors, and above all, I undertook another exchange, but this time it was 2500km away, in Bulgaria…


I only have one thing to say to young people that don’t dare to make the step and take part in an Erasmus experience: go for it, you’ve got nothing to lose apart from two weeks of your existence.